Filière batterie : Bécancour préférée à Saguenay comme site d’une future usine de lithium

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Lithium Universe souhaite implanter dans la province une usine qui aurait une production annuelle de 16 000 tonnes consacrée à l’industrie des batteries lithium-fer-phosphate.

Dans son dernier rapport trimestriel, la société australienne présente les conclusions d’une étude de localisation commandée auprès de la firme de génie-conseil Hatch pour son projet de raffinerie de carbonate de lithium.

Plusieurs sites ont été évalués dans plus de 20 municipalités. Quatre grands secteurs potentiels ont été retenus et analysés, dont la zone industrielle Saguenay-Alma, peut-on lire dans le document.

Le secteur s’est démarqué en particulier en raison des avantages logistiques liés à la présence des infrastructures portuaires du Port de Saguenay. Les sites compris dans le corridor Montréal-Québec, dont le port de Bécancour dans le Centre-du-Québec, se sont aussi démarqués pour la même raison.

ithium Universe a ensuite porté son choix sur Bécancour. Selon la grille d’analyse publiée par l’entreprise, des enjeux liés à la constructibilité du site et la prise en compte d’intérêts défendus par les Premières Nations sur le territoire ont fait la différence entre la région et Bécancour. Rappelons que des communautés innues, dont Mashteuiatsh, s’étaient opposées au projet de GNL Québec.

Il n’a pas été possible d’en savoir davantage sur les raisons qui ont influencé ce choix et l’entreprise n’a pas fourni de réponses aux questions de Radio-Canada.

Aucune annonce officielle n’a été faite concernant ce projet, mais Lithium Universe mentionne dans le rapport publié à la fin du mois de janvier que des discussions sont en cours avec la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, dont le site industriel appartient à Québec et qui accueille plusieurs investissements de la filière batterie.

L’emplacement géographique, un frein pour des entreprises

Sans commenter ce projet en particulier, le conseiller municipal et président de la Commission des finances de Saguenay, Michel Potvin, indique que la situation géographique fait partie des points négatifs soulevés par les entreprises lorsqu’elles considèrent le site du Port de Saguenay.

Je pense que le principal élément, c'est la géographie. On n’est quand même pas dans le circuit de l'axe Toronto-Montréal-Québec. Donc, c'est sûr que si le gouvernement du Québec donne la même subvention pour s'installer à Saguenay que s'installer à Québec ou à Bécancour, [...] l'entreprise va avoir tendance à s'installer à Bécancour.

Une citation deMichel Potvin, président de la Commission des finances de Saguenay

Le logement, un autre enjeu

Pour les projets de Northvolt, qui avait démontré un intérêt envers Saguenay, et de Volkswagen, qui avait besoin d’un important bassin de travailleurs, ce sont plutôt des enjeux de main-d’œuvre qui avaient été évoqués concernant la région dans la dernière année.

Cet enjeu revient toujours dans les commentaires des entreprises, ajoute M. Potvin. La Ville souhaite d’ailleurs faciliter la construction de logements pour les entrepreneurs, pour pouvoir d’une part accueillir davantage de travailleurs et également répondre à la crise du logement.

On devrait annoncer quelque chose d'ailleurs prochainement sur le logement, pour faciliter le logement dans la ville, a-t-il mentionné, sans vouloir en dire plus.

Une annonce espérée au printemps

Michel Potvin ne perd toutefois pas espoir de voir un projet industriel d’envergure s’installer au Port de Saguenay, alors que des investissements de plus de 300 M$ soutenus par Québec et Ottawa y sont en cours.

Il y a eu quand même une quinzaine de visites dans les six derniers mois d'entreprises qui veulent s'installer à Saguenay et nous autres, on met vraiment tous les efforts pour que ça se concrétise, a-t-il précisé.

Une annonce est espérée au printemps, a-t-il ajouté sans vouloir s’avancer davantage.

Le député caquiste de Dubuc, François Tremblay, a affirmé à la fin du mois de janvier que son gouvernement avait l’obligation, après deux mandats de livrer un projet d’envergure au port.

Selon nos informations, Lithium Universe ne fait cependant pas partie des entreprises qui ont visité le Port de Saguenay dans les derniers mois.

Une rencontre pendant la COP28

Lithium Universe, qui a ouvert un bureau à Montréal en décembre, ajoute par ailleurs dans son rapport avoir rencontré à Dubaï le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, et le président d’Investissement Québec International, Hubert Bolduc, en marge de la 28e Conférence des parties de laConvention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP28), qui a eu lieu du 30 novembre au 12 décembre dernier.

Investissement Québec et le Port de Saguenay n’ont pas voulu de leur côté commenter le dossier. Investissement Québec précise continuer à promouvoir et mettre en lumière le potentiel de Saguenay auprès des entreprises étrangères et leurs filiales.

Minéraux critiques : ouvrir une usine, exploiter une mine ensuite

Les projets liés à filière batterie dans la région pourraient prendre une forme semblable au projet que caresse Lithium Universe au Québec, estime le directeur de la Table régionale de concertation minière, Benoit Lafrance.

La société australienne souhaite ouvrir tout d’abord sa raffinerie, tout en poursuivant l’exploration minière dans des claims miniers du secteur de la Baie-James pour sécuriser un approvisionnement futur.

Ce qu'on voit, les visiteurs dans la région, autant pour les fabricants de matériaux pour les batteries ou de batteries elles-mêmes, c'est qu’ils veulent avoir justement ces substances-là rapidement et puis ils ne sont peut-être pas prêts à attendre le développement d'une mine qui prend plusieurs années.

Une citation deBenoit Lafrance, directeur de la Table régionale de concertation minière

Les sociétés sont donc prêtes à s’approvisionner autrement, en attendant d’exploiter elles-mêmes une mine.

C'est une tendance qu'on voit justement, dans tout ce qui est les minéraux critiques et stratégiques. Souvent, dans ces substances-là, il faut avoir déjà des clients potentiels, donc une certaine production anticipée déjà vendue avant d'ouvrir une mine, a-t-il mentionné.

Référence : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2048681/raffinerie-port-fer-phosphate-grille

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