Ce projet de 100 millions est une étape logique pour le constructeur de jets privé.
En novembre dernier, La Presse a révélé qu’il planifiait une augmentation de la production du Challenger 3500, l’une de ses vaches à lait. À l’intérieur du complexe de la multinationale situé à proximité de l’aéroport Montréal-Trudeau, on est aussi à l’étroit.
« Nous avons eu une belle croissance dans les dernières années, autant ici à Montréal que partout, a expliqué le vice-président exécutif à la fabrication, aux technologies de l’information des systèmes chez Bombardier, David Murray, en mêlée de presse, dans les hangars de l’entreprise. On continue dans cette démarche pour suivre la demande. »
Celui-ci était accompagné de la ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Christine Fréchette, dans le cadre de l’annonce.
Plus concrètement, c’est l’équivalent de deux terrains de football de superficie – 126 000 pieds carrés (11 705 mètres carrés) – que Bombardier ajoutera à Dorval d’ici la fin de 2027. C’est environ un dixième de son empreinte actuelle dans le secteur.
Dans le contexte, Québec a consenti un prêt dans le cadre du programme Essor, qui s’adresse à toutes les entreprises qui tablent sur des investissements. Il ne s’agit pas d’une intervention gouvernementale spécifique à l’endroit du constructeur québécois, qui devra rembourser le prêt dans son intégralité.
« La clientèle est au rendez-vous, alors pour nous, c’est signe que c’est un bon investissement », a estimé Mme Fréchette.
Une empreinte grandissante
Cet agrandissement à Dorval survient moins de six mois après le déménagement de son site de production de composants à Moorpark, en Californie, afin d’avoir plus d’espace. À l’été 2024, sa nouvelle usine de 400 millions US à proximité de l’aéroport torontois de Pearson – où sont construits les jets privés de la famille Global – avait démarré.
Bombardier fait partie des rares entreprises qui continuent à prendre de l’altitude malgré les turbulences de la guerre commerciale de l’administration Trump. Rien ne semble freiner la croissance de l’aviation d’affaires.
Dans son récent bilan annuel, la firme d’analyse WingX soulignait que 2025 avait été « l’année la plus occupée jamais enregistrée pour l’aviation d’affaires mondiale ». Le niveau d’activité avait grimpé de 5 % et près de 4 millions de départs ont été enregistrés, ce qui constitue un record, selon WingX.
Bombardier s’attend à appuyer sur l’accélérateur en 2028 avec la production du Challenger. Les grandes lignes de sa stratégie figuraient dans un protocole d’entente intervenu le 22 octobre dernier entre l’avionneur montréalais et l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA) que La Presse avait pu consulter.
« Bombardier a l’intention de doubler sa ligne de production du Challenger 3500 […] ce qui aura pour effet de créer de nouveaux postes, est-il écrit. Bombardier a communiqué à l’AIMTA son intention d’augmenter ses parts de marché dans la catégorie des avions [intermédiaires], ce qui aura un impact sur la cadence de production. »
Il ne s’agit pas nécessairement de multiplier par deux la cadence annuelle de production ici, mais d’augmenter la superficie de l’usine Challenger, à Dorval, consacrée à la construction du modèle considéré comme l’un de ses appareils les plus populaires.
Depuis son recentrage dans l’aviation d’affaires, le Global 7500, un appareil à large cabine, est vu comme le fer de lance de l’entreprise. N’empêche, le Challenger 3500, qui peut transporter jusqu’à 10 passagers, a toujours la cote auprès des ultrariches et exploitants de flotte.
Après les neuf premiers mois de 2025, la famille Challenger représentait près de la moitié des livraisons totales – 93 avions – effectuées par Bombardier, d’après les données compilées par la General Aviation Manufacturers Association.
REF: https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2026-01-15/nouvelle-usine-de-100-millions/au-tour-du-quebec-de-profiter-des-investissements-de-bombardier.php
